Que sont les polices à empattement et sans empattement, et quand faut-il utiliser chacune dans les textes longs ?
En résumé: Les polices à empattement ont les petits pieds aux extrémités des lettres ; les sans empattement, non. Pour le texte courant imprimé, l'empattement reste le standard car il guide l'œil le long de la ligne. Le sans empattement fonctionne bien en titres, légendes, écrans et livres techniques à forte hiérarchie, et dans les ebooks, où le lecteur choisit.
Avez-vous déjà remarqué que les livres imprimés que vous lisez le plus facilement — ceux où les yeux glissent le long des lignes sans effort — utilisent presque toujours un type de police précis ? Et que les applications, les sites web et les interfaces numériques, même quand ils ont beaucoup de texte, utilisent souvent un type différent ?
Cette différence n'est pas accidentelle. Elle reflète l'une des décisions les plus fondamentales de la typographie éditoriale : le choix entre polices à empattement et polices sans empattement. Un choix qui paraît simple de loin — « avec ou sans les petits pieds aux extrémités des lettres » — mais qui a des implications profondes pour la lisibilité, le ton visuel et l'adéquation de chaque police à chaque support et genre.
Cet article explique ce que sont ces deux grandes familles typographiques, pourquoi la distinction compte en pratique et comment le designer décide laquelle utiliser dans chaque projet de livre.
1. Que sont les empattements, et pourquoi ont-ils été inventés
Les empattements sont les petits traits ou prolongements qui apparaissent aux extrémités des caractères dans certaines polices. Si vous observez la lettre « I » dans une police comme Times New Roman, vous remarquerez de petites barres horizontales en haut et en bas du trait vertical. Ces barres sont les empattements.
L'origine des empattements est débattue par les historiens de la typographie, mais l'explication la plus acceptée est fonctionnelle : dans l'écriture romaine gravée dans la pierre, les tailleurs utilisaient des coups finaux de ciseau aux extrémités des traits pour éviter que la pierre n'éclate. Ce fini est devenu conventionnel, et quand Gutenberg et ses contemporains ont développé les caractères mobiles métalliques, ils ont reproduit les formes des lettres gravées, empattements inclus.
Pendant des siècles, pratiquement toute la typographie de texte avait des empattements, simplement parce que c'était le standard établi. Les polices sans empattement (sans-serif) n'ont gagné une popularité significative qu'au XIXe siècle, initialement sur les affiches et la publicité, et n'ont été largement adoptées dans le texte courant qu'au XXe siècle.
La fonction de l'empattement va au-delà de l'esthétique
Au-delà de l'origine historique, les empattements ont une fonction visuelle qui reste pertinente : ils créent une ligne horizontale visuelle le long de la base et du sommet des lettres, que l'œil du lecteur suit comme un rail en parcourant chaque ligne de texte. À l'impression de haute qualité sur papier, ce guide visuel facilite le mouvement horizontal de l'œil et réduit le risque de perdre la ligne au retour à la suivante. C'est pourquoi les polices à empattement dominent le texte courant dans les livres imprimés jusqu'à aujourd'hui.
2. Les familles typographiques et leurs subdivisions
Au sein des grandes catégories d'empattement et de sans empattement, il existe des subdivisions que le designer éditorial doit connaître, car chaque sous-groupe a des caractéristiques et des applications spécifiques.
Sous-groupes des polices à empattement
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Empattement humaniste (ou oldstyle) : les plus anciennes, inspirées de la calligraphie de la Renaissance. Faible contraste entre traits fins et épais, axe incliné, empattements à la courbure douce. Exemples : Garamond, Caslon, Jenson. Ton : classique, littéraire, élégant.
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Empattement transitionnel : apparu au XVIIIe siècle, à contraste plus élevé et axe plus vertical. Plus régulières et mécaniques que les humanistes. Exemples : Times New Roman, Baskerville, Georgia. Ton : solide, professionnel, polyvalent.
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Empattement moderne (ou didone) : contraste extrême entre traits fins et épais, axe complètement vertical. Empattements horizontaux fins. Exemples : Bodoni, Didot. Ton : élégant, fashion, visuel. Usage limité en texte courant long : les traits fins se perdent en petit corps.
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Empattement égyptien (slab serif) : empattements épais et rectangulaires, faible contraste. Très robustes, adaptées au texte dans des contextes d'impression de qualité variable. Exemples : Clarendon, Rockwell, Courier. Ton : robuste, direct, technique.
Sous-groupes des polices sans empattement
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Sans empattement humaniste : traits à variation d'épaisseur, influence calligraphique. Les plus lisibles du groupe en textes longs. Exemples : Gill Sans, Frutiger, Myriad Pro, Source Sans Pro. Ton : accessible, amical, contemporain.
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Sans empattement géométrique : basée sur des formes géométriques pures, cercles et lignes droites. Traits uniformes, sans variation. Exemples : Futura, Helvetica, Avant Garde. Ton : moderne, précis, neutre. Problématiques en texte long : l'uniformité des traits réduit les points de distinction entre les lettres.
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Sans empattement transitionnel : intermédiaire entre humaniste et géométrique. Combine lisibilité et personnalité. Exemples : Optima, Gill Sans (dans certains corps). Ton : élégant, polyvalent.
Pourquoi la subdivision compte pour le designer éditorial
Le choix entre empattement humaniste et empattement moderne, ou entre sans empattement humaniste et sans empattement géométrique, a un impact réel sur la lisibilité en texte long. Les polices à contraste extrême (comme Bodoni) ou aux traits excessivement uniformes (comme Futura) sont problématiques dans les petits corps utilisés en texte courant. Le designer expérimenté va au-delà de la distinction basique empattement/sans empattement et évalue chaque police au sein de son sous-groupe.
3. La comparaison directe : empattement et sans empattement en texte long
Avec le contexte historique et les subdivisions clairs, la question pratique est : laquelle des deux fonctionne le mieux en texte long ? La réponse a des nuances importantes qui dépendent du support (papier ou écran), de la qualité de l'impression et du genre de l'ouvrage.
Tableau comparatif : polices à empattement et sans empattement
| Dimension | Polices à empattement | Polices sans empattement |
| Définition | Traits terminaux (empattements) aux extrémités des caractères | Sans traits terminaux, extrémités nettes et droites |
| Exemples classiques | Garamond, Minion Pro, Palatino, Times New Roman, Sabon | Helvetica, Gill Sans, Source Sans Pro, Lato, Open Sans |
| Meilleur support | Texte courant imprimé sur papier | Texte sur écrans et interfaces numériques |
| Lisibilité en bloc | Supérieure à l'impression : l'empattement guide l'œil sur la ligne | Supérieure sur écrans à basse résolution |
| Ton visuel | Classique, littéraire, académique, formel | Moderne, épuré, contemporain, technique |
| Usage en livres imprimés | Corps de texte : le standard historique du marché éditorial | Titres, légendes, notes, couvertures contemporaines |
| Usage en ebooks | Possible, mais avec moins d'avantage sur le sans empattement | Fréquent : s'adapte mieux aux écrans variés |
| Genres les plus courants | Roman, essai, non-fiction classique, poésie, histoire | Livres techniques, développement personnel contemporain, sci-fi minimaliste |
La thèse de l'empattement sur le papier imprimé
La tradition éditoriale d'utiliser des polices à empattement pour le texte courant dans les livres imprimés n'est pas arbitraire. L'hypothèse la plus acceptée est que les empattements, en créant des lignes visuelles horizontales le long du texte, facilitent le mouvement de l'œil dans une ligne et aident à la transition au début de la suivante, surtout dans les lignes longues.
Les études de lisibilité produites au fil du XXe siècle ont souvent confirmé cette hypothèse pour l'impression sur papier de haute qualité. L'œil humain, habitué à des siècles de texte à empattement dans les livres, a aussi développé une attente visuelle : le texte courant sur papier « doit » ressembler à Garamond ou Times, pas à Helvetica. Briser cette attente sans intention claire peut créer une dissonance subtile que le lecteur perçoit sans la nommer.
La thèse du sans empattement sur écrans
Sur les écrans à basse résolution — qui ont dominé le marché des moniteurs et liseuses pendant des décennies —, les empattements créaient un problème technique : les traits fins des empattements ne se reproduisaient pas fidèlement par les pixels, créant des taches et des imperfections qui rendaient le texte plus difficile à lire. Les polices sans empattement, aux traits plus uniformes, s'adaptaient mieux à cette limite.
Avec l'arrivée des écrans à haute résolution (Retina et équivalents), ce désavantage technique des empattements a nettement diminué. Aujourd'hui, les polices à empattement bien conçues fonctionnent parfaitement sur les écrans modernes. Mais la tradition du sans empattement dans les interfaces numériques est si consolidée que, en pratique, la plupart des ebooks et applications de lecture préfèrent encore ou prennent par défaut les polices sans empattement.
La grande règle qui a des exceptions
La règle générale — empattement pour l'impression, sans empattement pour les écrans — est un point de départ utile, pas une loi absolue. Il existe d'excellents livres imprimés au sans empattement dans le corps de texte (surtout en design, architecture et livres techniques modernes) et des ebooks bien produits aux polices à empattement. Ce qui détermine le succès du choix est l'adéquation de la police spécifique au projet spécifique, pas la catégorie générale.
4. Quand utiliser chaque type dans les livres imprimés
Pour un livre imprimé, la décision entre empattement et sans empattement dans le corps de texte s'oriente selon trois facteurs principaux : le genre de l'ouvrage, le ton visuel visé et le mode d'impression.
Utilisez l'empattement quand :
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Le livre est du texte courant long — roman, essai, non-fiction, histoire, philosophie — où le lecteur va passer des heures les yeux sur le texte
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Le positionnement visuel de l'œuvre est classique, littéraire ou académique
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Le mode d'impression est l'offset de haute qualité, où les empattements se reproduisent fidèlement
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Le genre a des conventions typographiques établies qui utilisent l'empattement : fiction littéraire, non-fiction de prestige, poésie
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Le format de la page utilise des colonnes de 55 à 75 caractères par ligne, où l'empattement a la place d'exercer sa fonction de guide
Envisagez le sans empattement quand :
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Le livre est technique, avec beaucoup de texte court, tableaux, listes et éléments structurés, où la clarté du sans empattement est un avantage
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Le positionnement visuel est contemporain, moderne ou minimaliste, comme en design, architecture ou certains ouvrages de développement personnel
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L'impression est en POD de qualité plus modeste, où les traits fins des empattements peuvent perdre en définition
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Le public cible a une expérience de lecture principalement numérique et peut percevoir le sans empattement comme plus accessible
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L'œuvre a une forte composante visuelle et le designer veut intégrer la typographie du corps à la typographie des couvertures et des titres
La police du corps de texte définit le ton avant le contenu
Un lecteur qui ouvre un livre et trouve du Garamond dans le corps de texte reçoit d'emblée un signal de sérieux littéraire et de tradition éditoriale, avant de lire une ligne. Un lecteur qui trouve du Source Sans Pro reçoit un signal de modernité et d'objectivité. Le choix de la police n'est pas neutre : il communique déjà quelque chose sur le livre. Le designer qui le comprend utilise cette communication comme partie de la stratégie de positionnement de l'œuvre.
5. Guide de polices à empattement recommandées pour les livres
Le choix de la police à empattement spécifique — au sein de la grande catégorie — est aussi important que le choix entre empattement et sans empattement. Chaque police a des caractéristiques propres qui la rendent plus ou moins adaptée à certains projets.
Tableau : polices à empattement recommandées par type d'ouvrage
| Police | Type d'ouvrage idéal | Caractéristiques | Observation |
| Garamond / Garamond Premier Pro | Roman littéraire, essai, poésie | Élégante, contraste moyen, empattements délicats | Requiert une impression de qualité : perd en définition en POD |
| Minion Pro | Non-fiction, essai, académique | Robuste, polyvalente, excellente lisibilité | Police professionnelle, non gratuite |
| Palatino / Palatino Linotype | Philosophie, histoire, essai | Hauteur-x généreuse, présence sur la page | Gratuite sur les systèmes, qualité variable selon la version |
| Sabon | Littérature, fiction littéraire | Classique, équilibrée, très lisible en offset | L'une des préférées des éditeurs littéraires |
| Charter / Bitstream Charter | Texte sur écran et impression | Conçue pour la basse résolution, fonctionne en ebook | Gratuite, bonne option pour les projets à budget limité |
| Source Serif Pro | Non-fiction, technique, numérique | Moderne, sans excentricités, open source | Gratuite, excellent rapport qualité-coût |
Le problème des polices à empattement très ornementées
Une erreur fréquente chez les auteurs qui tentent de mettre en pages leurs propres livres est de choisir des polices à empattement à la personnalité visuelle très prononcée, comme des polices médiévales, calligraphiques ou aux ornements élaborés. Ces polices fonctionnent comme display (pour titres, couvertures, éléments de mise en valeur), mais sont inadaptées au texte courant long.
La lisibilité en bloc exige des polices que l'œil peut traiter rapidement, sans s'arrêter à chaque caractère. Les polices aux empattements très élaborés, aux traits irréguliers ou aux éléments décoratifs dans les caractères créent exactement le contraire : l'œil ralentit pour « lire » chaque lettre individuellement, ce qui rend la lecture de texte long exténuante.
Comprenez comment la typographie affecte l'expérience de lecture en profondeur : Pourquoi la typographie choisie par le designer affecte-t-elle directement l'expérience de lecture ?
6. Comment le designer décide en pratique : le processus de sélection typographique
La théorie claire, la question pratique est : comment le designer choisit-il effectivement la police pour un projet spécifique ? Le processus a des étapes bien définies qui vont au-delà de la préférence esthétique.
Étape 1 : définir le territoire typographique par le genre
Le point de départ est le genre et le sous-genre de l'œuvre. Pour un roman littéraire, le territoire est l'empattement humaniste ou transitionnel. Pour un livre de design contemporain, le territoire est le sans empattement humaniste ou géométrique avec modération. Cette définition élimine des dizaines de polices au départ et concentre l'analyse sur celles adaptées à ce contexte.
Étape 2 : évaluer la disponibilité des variantes de la famille
Un projet éditorial utilise la même famille typographique en plusieurs variantes : romain, italique, gras, petites capitales, parfois condensée ou étendue. Avant de choisir une police pour le corps de texte, le designer vérifie si la famille a toutes les variantes dont le projet aura besoin. Une famille à l'italique très proche du romain, ou au gras qui paraît identique au romain, crée des problèmes de hiérarchie typographique.
Étape 3 : tester à l'impression réelle
Le test le plus important — et le plus fréquemment ignoré — est d'imprimer quelques pages de texte dans la police candidate et de les lire sur du vrai papier. Les polices qui semblent excellentes à l'écran de l'ordinateur déçoivent souvent sur papier : les traits qui paraissaient solides deviennent trop fins ; l'espacement qui paraissait généreux paraît comprimé ; les empattements qui paraissaient élégants paraissent lourds.
Le designer expérimenté imprime au moins une page de texte courant et une ouverture de chapitre avant de confirmer le choix de la police. Ce test prend 20 minutes et prévient des mois d'insatisfaction.
Étape 4 : vérifier la licence pour usage éditorial
Avant de finaliser le choix, le designer vérifie la licence de la police pour un usage en publication imprimée commerciale. Les polices disponibles gratuitement sur Google Fonts ou dans les dépôts gratuits ont des licences variées : certaines permettent l'usage commercial plein, d'autres ont des restrictions. Utiliser une police sans la licence adéquate dans un livre à la vente est une violation qui peut avoir des conséquences juridiques après le lancement.
Découvrez où trouver des polices à la bonne licence : Où trouver des typographies adaptées à un usage commercial dans les projets de livres ?
7. Combiner empattement et sans empattement dans le même projet
Dans la plupart des projets de livres professionnels, le designer utilise deux familles typographiques, pas une. La combinaison la plus classique est : police à empattement pour le corps de texte et police sans empattement pour titres et éléments d'appui (ou l'inverse, dans les projets plus contemporains).
Cette combinaison fonctionne par contraste : la différence visuelle entre empattement et sans empattement crée une distinction hiérarchique immédiate que le lecteur traite sans effort conscient. Le titre sans empattement sur le texte à empattement communique clairement que cet élément est distinct, sans avoir besoin d'utiliser seulement la taille ou le gras pour créer la distinction.
Principes pour combiner les deux familles
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Contraste sans conflit : les deux polices doivent être clairement distinctes, mais visuellement compatibles. Deux polices très similaires créent de la confusion ; deux polices aux personnalités très discordantes créent le chaos.
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Proportions compatibles : les polices à hauteur-x similaire se comportent bien ensemble ; quand la hauteur-x diffère beaucoup, la composition paraît déséquilibrée même en tailles égales.
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Hiérarchie claire : définir exactement quels éléments utilisent chaque police, et maintenir cette règle avec cohérence au fil de tout le livre.
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Maximum de deux familles : dans de rares exceptions justifiées, trois familles peuvent coexister. Quatre ou plus, c'est presque toujours excessif.
Découvrez comment se construit la hiérarchie typographique en pratique : Comment un designer définit-il la hiérarchie typographique idéale pour un livre de non-fiction ?
Questions fréquentes sur les polices à empattement et sans empattement
Times New Roman est-elle une bonne police pour un livre ?
Times New Roman est une police à empattement transitionnelle de bonne lisibilité, techniquement adaptée au texte courant sur papier. Le problème n'est pas technique : il est d'association. Times New Roman est si fortement associée aux documents Word, aux travaux académiques et aux formats génériques que l'utiliser dans un livre commercial communique d'emblée un manque de soin éditorial. Le lecteur assidu le perçoit — sans savoir pourquoi — que le livre n'a pas été mis en pages par un professionnel. Pour les livres imprimés, des polices comme Garamond, Minion Pro, Sabon ou Source Serif sont des options bien supérieures à un niveau de qualité similaire ou meilleur.
Peut-on utiliser Helvetica dans le corps de texte d'un livre ?
Helvetica est une sans empattement géométrique aux traits très uniformes, ce qui la rend problématique pour le texte courant long. L'uniformité des traits rend des caractères comme « I », « l » et « 1 » presque indistinguables, ce qui augmente l'effort cognitif de la lecture. Il existe des sans empattement bien meilleures pour le texte courant, comme Source Sans Pro, Gill Sans et Myriad Pro, qui ont assez de variation dans les traits pour créer une distinction entre les caractères sans perdre la modernité du sans empattement.
Quelle est la meilleure police gratuite pour mettre en pages un livre ?
Pour le texte courant dans les livres imprimés : Source Serif Pro (empattement humaniste moderne, excellente lisibilité, gratuite via Google Fonts avec licence OFL pour usage commercial) ou EB Garamond (Garamond open source, adaptée à la fiction et à l'essai littéraire). Pour le texte courant dans les ebooks : Source Sans Pro ou Lato (toutes deux sans empattement humanistes à licence commerciale gratuite). Avant d'utiliser toute police gratuite en publication commerciale, vérifiez toujours la licence spécifique de la version que vous utilisez. Où trouver des typographies adaptées à un usage commercial dans les projets de livres ?
Le lecteur perçoit-il consciemment la différence entre empattement et sans empattement ?
La plupart ne la perçoit pas consciemment, et c'est précisément l'objectif. Une police bien choisie pour le contexte disparaît : le lecteur lit simplement, sans penser à ce qu'il voit. Ce que le lecteur perçoit inconsciemment est du confort ou de l'inconfort, de la fluidité ou de l'effort, et — après de longues sessions de lecture — plus ou moins de fatigue. Ces effets se manifestent comme des impressions sur le livre en général, rarement attribuées à la typographie.
Conclusion : le choix de la police commence par la compréhension du support et du lecteur
La distinction entre polices à empattement et sans empattement est la décision typographique la plus fondamentale de tout projet éditorial, et celle qui a le plus grand impact sur l'expérience de lecture au fil d'heures de contact avec le texte. Ce n'est pas un choix purement esthétique : c'est une décision fonctionnelle qui doit tenir compte du support (papier ou écran), du genre de l'œuvre, du mode d'impression et des attentes du lecteur ciblé.
Le designer qui maîtrise cette connaissance — qui sait non seulement la différence conceptuelle entre les deux catégories, mais quelle police spécifique fonctionne le mieux pour quel projet — prend des décisions que le lecteur ne percevra jamais consciemment. Mais qu'il ressentira à chaque page.
La meilleure police pour un livre est celle que le lecteur ne remarque jamais. Et qu'il remercie sans savoir qu'il la remercie.
Pour comprendre tous les éléments du design éditorial en profondeur : Designer de livres : le guide complet de la mise en pages et de la création de couvertures
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